Une idée nous est venue (oui, parfois, les idées jaillissent). Et si parfois, comme ça, sans prévenir, on vous racontait nos aventures culturelles ? Et si, on vous parlait de ce qu'on avait lu, vu ou entendu récemment ?
C'est donc par là que je vais commencer. Puisque finalement, c'est aussi l'ambition que nous avons : partager nos coups de cœur culturels avec vous. Pour cette première semaine, j'aimerai vous parler d'une lecture en particulier.
Depuis le Festival International de la BD d'Angoulême, j'ai fait de belles découvertes ! Je ne suis pas une très grande liseuse de BD, mais je m'y mets tout doucement. J'ai donc lu une superbe BD (conseillée d'ailleurs par Lyra elle-même) qui porte le doux nom de Perséphone, entièrement créée par Loïc Locatelli-Kournwsky et publiée aux Editions Delcourt.
Vous me direz que cela vous évoque quelque chose ! Fort bien, vous avez raison. Perséphone (ou Proserpine pour les romains), dans la mythologie grecque, est la fille de Zeus et Déméter, et la femme d'Hadès, roi des Enfers, mais elle représente bien plus que cela. Elle est celle qui peut aller et venir entre le monde du dessus et le monde du dessous, celle qui apporte la renaissance au Printemps et qui pourtant est prisonnière des désirs d'un homme qui la retient contre sa volonté.
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| La Proserpine de Dante Gabrielle Rossetti, 1874 |
Dans la BD, nous retrouvons ces personnages sous un angle nouveau. Perséphone est une jeune fille, amoureuse de botanique, qui ne souhaite qu'une chose : être reconnue pour ce qu'elle est. Élevée par une mère adoptive, la grande sorcière Déméter, que tout le monde idolâtre, elle ne sait plus où est sa place. C'est alors que refait surface ce qui, jusqu'à présent, était oublié et ignoré. Son monde change. Le monde d'en haut, celui de la réussite et de la victoire, est rattrapé par la misère du monde d'en-bas. Notre héroïne Perséphone, tout en essayant de retrouver la trace de sa propre histoire, devra apprendre à affronter son destin dans un univers qu'elle ne connaissait que dans les récits. La grande aventure peut commencer !
Que dire sinon que la réinterprétation de ce mythe millénaire est parfaitement maîtrisée. Tout en continuant à tisser des liens avec la mythologie, Loïc Locatelli-Kournswky, notamment grâce au travail du dessin où l'on retrouve l'influence de l'animation japonaise et à l'utilisation de la couleur qui vient renforcer le sens du texte, nous plonge dans un univers où l'on partage le destin de personnages rongés par la haine, la folie et l'ambition, mais où l'on rencontre aussi des êtres lumineux, solidaires et déterminés.
Aller, ne vous faites pas prier ! Jetez un coup d'oeil. La culture vaut toujours le coup !
Et pour la culture (toujours plus), le Perséphone de Stravinsky au Teatro Real de Madrid.
Marie.

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