Notre première année sur le blog venant de s'écouler, il est grand temps pour moi de partager avec vous mon top flop de l'année 2018 ! Je ne reviendrai pas sur nombre de coups de cœur pour lesquels j'ai déjà fait un article afin d'éviter les doublons ; cet article sera entièrement consacré aux coups de cœur que je n'ai pas eu le temps de vous présenter ! Si malgré tout, vous êtes curieux de connaître le véritable classement, je vous le mettrai en fin d'article.
Et évidemment on commence avec les TOP !
Pour commencer, il faut bien dire que ce roman est une énorme pavé qui peut en décourager plus d'un avant même d'avoir fait l'effort de l'ouvrir (car effort physique il y a, ce format n'étant vraiment pas pratique à manipuler). Je savais qu'il faudrait que ce genre de lecture, pour être pleinement vécu, soit entamé à un moment précis, un moment où j'aurais du temps devant moi, où la lecture serait une activité pleinement envisageable au quotidien. Il m'est apparu assez vite également qu'il s'agissait d'une lecture qui n'acceptait aucun partage. J'ai mis un moment à comprendre que pour vivre pleinement cette lecture, il me faudrait me focaliser sur elle, lui accorder tout mon temps de lecture et toute ma concentration. Impossible de lire d'autres livres en même temps !
L'histoire se déroule dans une étrange maison aux couloirs labyrinthiques et aux espaces fantasmés, aux murs couverts d'inscriptions énigmatiques et aux milliers de portes. Très vite, on découvre que cette maison aux allures d'orphelinat gothique est en réalité un institut pour enfants handicapés. On y trouve toutes sortes d'estropiés : des roulants, des manchots, des êtres que la vie a mutilés et qui doivent vivre avec leur fardeau. Il ne s'agit que d'enfant que l'on a essayé de rafistoler tout en les protégeant de l'extérieur jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de la majorité. Dans la maison, ces êtres plus ou moins fragilisés sont livrés à eux-mêmes et on suit le parcours de ces jeunes enfants à travers leurs discours et leurs pensées toujours plus abracadabrantes, dans un univers fantastique duquel on n'arrive pas à démêler le vrai du faux.
Ce que j'ai aimé dans ce roman, c'est qu'il s'agit d'une longue quête du sens qui n'aboutit jamais, frustrante et pourtant essentielle ! On cherche à comprendre la maison, ses habitants, leur quotidien, les phénomènes étranges qui s'y produisent et à chaque fois qu'on semble s'approcher du sens de cet univers, ce dernier nous échappe et on repart à sa poursuite ! C'est une course sans fin, une course folle, et en même temps, on se laisse porter par la richesse de ce lieu, par une affection comme j'en ai rarement ressentie pour des héros de roman. Je me sentais profondément attachée à ces enfants que j'aimais comme une mère et que j'avais envie de protéger.
C'est un livre d'une originalité criante, qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusque là et rien que pour cette raison, c'est une découverte extraordinaire ! Ce roman m'a envoûtée parce que, même s'il ne suit pas véritablement une intrigue au sens où on l'entend généralement, il demande juste de se laisser porter par ses mots et ses mystères et c'est ce que j'ai fait : j'ai offert mon cœur à la Maison et j'en suis ressortie transportée et bouleversée...
N°2 : Le Cycle de Fondation d'Isaac Asimov
La deuxième découverte littéraire qui m'a le plus marquée cette année, c'est immanquablement le Cycle de Fondation du maître de la science-fiction Isaac Asimov. J'avais déjà lu (que dis-je, dévoré !) durant l'année 2017 le Cycle des Robots ce qui avait été pour moi une expérience profondément marquante. Mais honnêtement, le Cycle de Fondation est à un niveau encore supérieur. L'histoire qui parcourt ces sept romans est riche d'un contexte politique et social très complexe qui force le lecteur à rester concentré s'il souhaite comprendre les tenants et les aboutissants de cet univers si complet.
On y suit l'évolution d'un groupe de scientifiques et de psychologues qui travaillent à la sauvegarde de l'humanité à travers la fondation d'une science toute nouvelle : la psycho-histoire. Celle-ci permettrait, en s'appuyant sur le passé, sur les conjectures présentes de l'univers et sur des calculs d'une complexité jamais inégalée, de prévoir très exactement l'avenir. Evidemment, l'Empire déclinant qui fédère toutes les planètes n'a de cesse de vouloir s'emparer du secret de la psycho-histoire tandis que son fondateur, Hari Seldon cherche par tous les moyens à dissimuler cette découverte aux yeux de tous et met en place le Plan Seldon, censé permettre, à travers la création de la Fondation, de sauvegarder l'humanité.
Mais là où le Cycle de Fondation est un chef-d'oeuvre inégalé, c'est que le Cycle s'étend sur des siècles et des siècles et chaque nouveau roman aborde une autre période avec forcément d'autres personnages que les précédents. Mais tout reste immanquablement lié au Plan Seldon qui sert de fil conducteur au Cycle. Et de livre en livre, les rebondissements se font toujours plus nombreux !
Ce Cycle m'a semblé parfaitement incroyable parce qu'il était plein de surprises ! On ne s'attend jamais au retournement de situation qui nous attend à la page suivante, tout se précipite très rapidement et on suit les avancées du Plan Seldon avec appréhension, en passant du soulagement à la peur. C'est une série de romans d'une complexité incroyable mais avec des histoires très fortes et un art de l'approfondissement inimitable !
N°3 : Pour saluer Melville de Jean Giono
Nombreux sont ceux qui ne connaissent que de nom cet auteur du XXe siècle qui appartient aux grands classiques de la littérature et pourtant, il a écrit des romans passionnants et d'une complexité bien dissimulée derrière leur apparente simplicité. C'est un court roman, pas du tout connu, que Pour Saluer Melville et pourtant, il m'est apparu comme un des chefs-d'oeuvre de l'auteur.
Le roman a été écrit comme un hommage à Melville, l'auteur du fameux Moby Dick que Giono lui-même avait traduit en son temps. Dans ce très court roman, il raconte de manière romancée la vie du jeune créateur du plus monstrueux mammifère marin que la littérature ait jamais connu tout en proposant une véritable réflexion sur l'aventure et le choix terrible qui se pose à tout rêveur qui se respecte : vivre une vie d'aventures à la manière de ces héros qui nous ont fait vibrer ou choisir la possibilité d'une vie confortable et paisible, merveilleuse dans sa simplicité et tout aussi attirante bien que représentative de la voie de la facilité. Cette thématique a trouvé de vrais échos en moi et la manière de la traiter de Giono m'a littéralement faite vibrer !
J'ai surtout été transportée par l'histoire d'amour naissante entre Melville et Adelina White qui était d'un romantisme jamais égalé selon moi dans la littérature ! C'était raconté d'une manière si belle, si profonde, si touchante... Giono mêle comme toujours dans ce roman l'amour passionnel et l'imaginaire poétique. Ses mots nous transportent et nous font voyager dans des univers fabuleux, ses univers à lui, qui sont chargés à chaque page de merveilleux ! On n'a aucun mal à se laisser porter par ses mots, par ce mélange stylistique si particulier, si paradoxal, d'oralité et de poésie...
Le roman a été écrit comme un hommage à Melville, l'auteur du fameux Moby Dick que Giono lui-même avait traduit en son temps. Dans ce très court roman, il raconte de manière romancée la vie du jeune créateur du plus monstrueux mammifère marin que la littérature ait jamais connu tout en proposant une véritable réflexion sur l'aventure et le choix terrible qui se pose à tout rêveur qui se respecte : vivre une vie d'aventures à la manière de ces héros qui nous ont fait vibrer ou choisir la possibilité d'une vie confortable et paisible, merveilleuse dans sa simplicité et tout aussi attirante bien que représentative de la voie de la facilité. Cette thématique a trouvé de vrais échos en moi et la manière de la traiter de Giono m'a littéralement faite vibrer !
J'ai surtout été transportée par l'histoire d'amour naissante entre Melville et Adelina White qui était d'un romantisme jamais égalé selon moi dans la littérature ! C'était raconté d'une manière si belle, si profonde, si touchante... Giono mêle comme toujours dans ce roman l'amour passionnel et l'imaginaire poétique. Ses mots nous transportent et nous font voyager dans des univers fabuleux, ses univers à lui, qui sont chargés à chaque page de merveilleux ! On n'a aucun mal à se laisser porter par ses mots, par ce mélange stylistique si particulier, si paradoxal, d'oralité et de poésie...
Je poursuis sans plus tarder avec les Flop !
N°1 : Trois femmes puissantes de Marie N'Diaye
Ce roman a été écrit par une autrice contemporaine et se compose de trois parties dont chacun est focalisée sur un morceau de vie. On a donc trois protagonistes dont deux femmes (je n'ai toujours pas compris pourquoi l'intrigue la plus longue, celle du milieu, se focalisait sur un homme alors que le titre est bien Trois femmes puissantes) qui nous racontent un moment assez court et donc très précis de leur vie.
Le style de ce roman m'a rebutée dès le début et si j'ai trouvé l'intrigue de la première histoire passable bien qu'inintéressante, j'ai absolument détesté celle de la deuxième histoire ! Manque de chance, elle occupait la moitié du roman... Quant à la troisième histoire, elle ne m'a pas non plus particulièrement plue même si c'est sans doute la plus intéressante des trois ; en revanche, elle a provoqué de grosses émotions en moi en raison de son réalisme glauque qui m'a profondément choquée. Le seul passage que j'ai apprécié pour sa poésie, c'est la toute dernière page de cette troisième histoire. Tout le reste m'a insupporté au plus haut point et je ne sais même pas pourquoi je n'ai pas abandonné ma lecture tellement elle a été laborieuse. Je l'ai effectuée à contre-cœur et j'avoue que c'est un roman que je regrette d'avoir lu...
Le style de ce roman m'a rebutée dès le début et si j'ai trouvé l'intrigue de la première histoire passable bien qu'inintéressante, j'ai absolument détesté celle de la deuxième histoire ! Manque de chance, elle occupait la moitié du roman... Quant à la troisième histoire, elle ne m'a pas non plus particulièrement plue même si c'est sans doute la plus intéressante des trois ; en revanche, elle a provoqué de grosses émotions en moi en raison de son réalisme glauque qui m'a profondément choquée. Le seul passage que j'ai apprécié pour sa poésie, c'est la toute dernière page de cette troisième histoire. Tout le reste m'a insupporté au plus haut point et je ne sais même pas pourquoi je n'ai pas abandonné ma lecture tellement elle a été laborieuse. Je l'ai effectuée à contre-cœur et j'avoue que c'est un roman que je regrette d'avoir lu...
N°2 : Les Lisières d'Olivier Adam
Ce roman m'avait chaudement été recommandé par ma mère et pour lui faire plaisir, j'avoue avoir poursuivi cette lecture qui, assez vite, est devenue difficile pour moi. Malheureusement, ce premier avis négatif n'a fait que se confirmer au fur et à mesure que j'avançais dans le roman.
L'histoire est celle du narrateur (qui n'est en fait que l'auteur déguisé parce que le roman est hautement autobiographique), un écrivain un peu paumé que sa femme vient de quitter parce qu'elle en avait marre qu'il soit dépressif (et comme on la comprend ! Moi aussi sa dépression - qui transparaissait à chaque ligne du roman - m'épuisait !). Il retourne donc en banlieue parisienne chez ses parents pour aider son père pendant que sa mère est hospitalisée. Mais il déteste ses parents, sont passé, cette ville de banlieue et le monde qui l'entoure.
La dépression permanente du narrateur m'a très vite agacée. Ce dernier se met beaucoup trop en scène, se complaît même dans sa dépression, il ne fait absolument rien pour s'en sortir. L'auteur se regarde aussi écrire et cet égocentrisme m'a rendue folle ! Il y a des moments de réflexion où le narrateur se montre méprisant envers toute une frange de la population qui ne partage pas avec lui ses goûts pour les films d'auteur, le jazz ou les divertissements que l'on pourrait facilement caractériser de "bobo". Ses réflexions haineuse envers la culture populaire sont inlassablement répétées d'un bout à l'autre du roman, ce qui non seulement donne l'impression de tourner en rond et de lire toujours la même chose, mais en plus est véritablement dérangeante. Ces remarques révèlent une personnalité détestable, qui se croit supérieure aux autres, tous ceux qui, selon lui, sont des victimes de la société qui ont abandonné le combat pour s'en sortir : des chômeurs ou des gens qui font un travail qui ne leur plaît pas... Il propose une vision de la société très sombre, voire déprimante et le monde qu'il présente est un monde dans lequel la vie simple des gens simples est un modèle courant qui lui apparaît comme un échec de vie... Bref, ce roman est d'une prétention sans nom, je l'ai particulièrement détesté...
N°3 : La Promesse de l'aube de Romain Gary
Il faut croire que j'ai un souci avec les narrateurs prétentieux parce que c'est aussi ce qui m'a gênée dans ce roman autobiographique de Romain Gary. Ce dernier retrace la vie de l'auteur du temps où sa mère était encore vivante : de son enfance jusqu'à la mort de celle qui l'a toujours surprotégé. L'autobiographie se construit autour de l'existence de sa mère ; elle semble prendre fin avec sa disparition, ce qui me fait penser qu'il s'agit plutôt en réalité d'une biographie déguisée de sa mère. Et c'est en partie ce qui m'a dérangée dans ce livre : cet attachement malsain à celle qui l'a enfanté. C'est étrange comment le narrateur nie le caractère malsain de sa relation avec sa mère tout en reconnaissant quelquefois qu'elle l'a trop aimé pour qu'il puisse réussir à trouver dans une autre femme l'amour dont il a besoin pour devenir un homme et s'accomplir. C'est à une véritable castration métaphorique qu'on assiste à travers cet ouvrage.
Et on en vient à l'autre point qui m'a déplu dans ce roman. La partie consacrée à l'enfance de Romain Gary était très intéressante mais très vite j'ai été agacée par l'égocentrisme de l'auteur et la partie sur sa jeunesse et ses années de guerre m'ont fatiguée.
Ca a donc été une lecture pénible pour moi et cependant, je ne regrette absolument pas de l'avoir lu parce que ça m'a apporté des connaissances sur la vie de cet auteur si important pour le XXe siècle qu'est Romain Gary. Je pense être sortie de cette lecture malgré tout enrichie, notamment grâce au contexte socio-historique qui y est présenté. Mais je reconnais que ça n'a pas été une partie de plaisir, loin de là ! J'ai du mal en général avec les narrateurs prétentieux...
Et pour finir le VRAI classement 2018...
J'avais promis en début d'article que je vous donnerai mon classement réel 2018. Je pense que si je devais faire un classement des romans qui m'ont réellement fichu une claque cette année, je les mettrai dans cet ordre :
- La Maison dans laquelle, pour son originalité, son atmosphère et l'attachement extrêmement fort qu'on a aux personnages !
- Auprès de moi toujours, pour sa part de mystère, sa révélation finale et la force de son message.
- Mon Traître, pour la force du style de Sorj Chalandon et pour l'histoire tragique de la guerre civile en Irlande qui y est présentée.









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